J'ai mal. Et si j'ai mal à ce point, imaginez ce que ça doit être pour elle. Pour elle comme pour moi, c'en est trop. Perdre autant de choses, en si peu de temps. En l'espace de quelques mois, réaliser qu'ils sont tous partis. Qu'ils ne reviendront pas, qu'il n'ont pas envie de revenir. Et les larmes glissent sur nos joues comme la rosée glisse, innocente, sur les fleurs qui viennent à peine de s'ouvrir. Dans notre cas, c'est la même chose. On commence tout juste à s'épanouir, à apprécier l'instant présent. Et puis quelque chose vient tout bouleverser. Alors on se referme, on accepte puis on se rouvre. Et tout recommence, encore et encore. Comme si le temps nous bouffait au fur et mesure qu'on apprend à vivre. Comme s'il ne supportait pas de nous voir heureux, pendant un petit moment. Et il se venge. Sur nous, qui ne demandons qu'à vivre en paix, dans une petite bulle de bonheur que les aiguilles de la vie viennent percer. Et ces aiguilles s'enfoncent si loin, qu'elles atteignent notre c½ur et l'abîme sans qu'on puisse le réparer. Avec le temps, la plaie se referme, devient moins douloureuse, mais elle reste néanmoins présente, comme pour nous rappeler que la vie, c'est ça, le bonheur, puis la souffrance. Il y a toujours cette infime cicatrice à la surface de notre c½ur qui nous fait penser à ce qui nous a fait mal et ce qui continue à nous faire souffrir, même si la douleur est moins vive. Un jour, cette cicatrice est réouverte. Et là, le monde s'écroule, encore une fois. C'est ce qui se passe dans mon c½ur en ce moment. Trop de départs, donc trop de deuils. Des départs qui deviennent de plus en plus dur à surmonter tellement les aiguilles sont rentrées profondément.